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3 questions à...

Plates-formes de suivi et d’appui aux décrocheurs : "Intervenir quand le jeune est sur le point de décrocher"

Publication : 11 décembre 2020
Avec l’obligation de formation, les plates-formes de suivi et d’appui aux décrocheurs (PSAD) font peau neuve. Co-pilotées par l’Éducation nationale et les missions locales, elles deviennent des cellules pédagogiques et opérationnelles en lien avec les familles, et proposent un suivi personnalisé du jeune sur tout le territoire. Explications de Christine Fraux, directrice de la mission locale du Haut-Périgord en région Nouvelle-Aquitaine.

L’obligation de formation des 16-18 ans renforce le partenariat entre tous les acteurs des plates-formes de suivi et d’appui aux décrocheurs (PSAD). Que changent ces PSAD "rénovées" pour les jeunes décrocheurs ?

Le jeune pourra disposer d’un interlocuteur unique et d’un accompagnement plus rapide et plus lisible, où qu’il se trouve en France. Jusqu'à présent, les PSAD, sous la responsabilité de l’Éducation nationale, avaient pour mission de signaler aux centres d'information et d'orientation (CIO) et missions locales, à l’aide d’un fichier informatisé, les jeunes absents des listes seulement à la rentrée scolaire. Depuis la rentrée 2020, ces espaces de travail concertés restent, mais sont copilotés tout au long de l’année par les missions locales et les CIO de chaque territoire. Il nous faut donc inventer une nouvelle collaboration.

Sur quoi repose cette nouvelle collaboration entre les PSAD et les missions locales justement ?

Sur des réunions mensuelles avec les établissements et les missions de lutte contre le décrochage scolaire. L’objectif est de repérer au fur et à mesure les décrocheurs potentiels, sans attendre que le logiciel déroule les listes une fois par an. Les chefs d’établissement pourront nous signaler "en temps réel", par mail ou par téléphone, les élèves qui veulent arrêter ou qui ne viennent plus à l’école. Ainsi, nous interviendrons plus tôt, quand ils sont sur le point de décrocher. Sur notre zone (Haut-Périgord), entre le 2 juin et la rentrée de septembre 2020, 84 décrocheurs ont ainsi été repérés. La moitié a changé d’établissement ou est entrée en apprentissage. Ceux qui restent, nous les contactons pour qu’ils poursuivent leur chemin vers la qualification en étant accompagnés.

Qu’est-ce qui peut donner envie à un jeune et à sa famille de venir à la mission locale ?

Nous avons plusieurs pistes, comme contacter les intéressés par téléphone, par courrier, ou par sms avec une terminologie bienveillante comme "une nouvelle opportunité", "il y a des nouveaux droits pour les mineurs". Nous envisageons aussi d’organiser des animations, en invitant les familles à des petits-déjeuners par exemple. Nous allons convier les interlocuteurs de notre réseau (clubs de prévention, travailleurs sociaux, animateurs sportifs...) à venir ponctuellement en PSAD pour éclairer sur le parcours d’un jeune qu’ils connaissent. Les plates formes de soutien aux décrocheurs ne se limitent pas à une réunion mensuelle pour comparer des listes. Il s’agit bien d’une cellule, d’un lieu de rencontre avec le jeune et sa famille afin de les mettre en confiance dans une poursuite d’accompagnement. Nous ne sommes pas dans la reproduction de ce qui existait, mais dans un processus. Il faut montrer aux jeunes que nous allons les aider à réaliser leurs projets.